On peut distinguer trois grands types de pratiques du crowdsourcing par les entreprises aujourd’hui :
[b]Les pratiques « recherche de compétences et exécution de tâches »[/b]
Ces pratiques fonctionnent sur le principe de la sous-traitance de tâches plus ou moins essentielles dans l’activité de l’entreprise :
- participation au coeur de métier (ex. recherche scientifique) ;
- prise en charge d’une mission spécifique (ex. création de logo, programmation d’un jeu en flash) ;
- exécution de micro-tâches (ex. rédaction des descriptifs de produits, identification des personnages sur une photo…).
Elles regroupent une communauté de personnes, membres ou de passage aux compétences appropriées aux tâches à accomplir.
À titre d’exemple, [b]wilogo.com[/b], est un site qui met en concurrence des graphistes amateurs et professionnels pour la réalisation de logos. L'objectif est d’aider les entreprises à obtenir rapidement différents concepts de logos de qualité avec des déclinaisons Les entreprises déposent leurs demandes de logos sur www.wilogo.com et reçoivent dans les heures qui suivent les différents concepts de logos créés par les graphistes de la communauté. Accompagné par des commentaires et un système de vote se rapprochant de Digg, la communauté de Wilogo aide les entreprises dans le choix de leur nouvelle identité visuelle. Au terme de 48 à 72 heures chrono, l'entreprise choisit son logo parmi l'ensemble de ceux réalisés et en acquiert les droits patrimoniaux6.
D’autres usages du crowdsourcing existent dans des champs professionnels plus larges, à l’instar de ce que propose Innocentive.com, une plateforme de mise en relation entre chercheurs et entreprises sur des projets de R&D.
Enfin, à titre d’exemple de plateforme dédiée à des micro-tâches, le « Mechanical turk » d’Amazon. Originellement, Amazon souhaitait utiliser ses consommateurs pour répondre à des besoins propres. Elle l’a fait évoluer vers un service à part entière, MTurk.com, et lui a donné un statut de filiale capable de distribuer n’importe quelle activité intellectuelle dans le monde entier : toute personne peut confier une mission au nouveau « Turc », en définissant librement sa rétribution, et toute personne « disposant d’un ordinateur relié à Internet et âgée de plus de 18 ans » peut demander à la réaliser.
[b]
Les usages autour de «l’expérimentation et la co-création»[/b]
[right][img width=250]resources/crowd2.jpg[/img][/right]Ces pratiques fonctionnent sur le principe du laboratoire : Idées, outils, APIs, études, produits…, sont mis à disposition des fournisseurs qui sont chargés de travailler sur l’élaboration et/ou l’expérimentation d’un projet.
[url=http://www.cambrianhouse.com]Cambrian House[/url] est un site communautaire qui se propose de développer des logiciels sur la base de projets proposés par les membres de la communauté à cette dernière. Une personne soumet une idée, la communauté l’évalue, lui attribue des notes. Les « meilleures » idées sont ensuite développées, par d’autres membres de la communauté (qui mettent à disposition leurs
compétences) pour être testées sur le marché. Trois produits ont déjà été lancés par Cambrian (qui s’approprie la propriété intellectuelle des idées développées), dont Gwabs, un jeu de combat de "bureau d'ordinateur" en P2P.
Microsoft Corp et BT ont annoncé lors du congrès mondial 3GSM 2007 le lancement de la série de concours « Connected Services Sandbox » dont l'objectif est de promouvoir le développement de solutions clients innovantes qui fusionnent les produits de télécommunication traditionnels, telles que la voix et la messagerie, avec les applications Web 2.0 comme le mapping ou la recherche. Au cours de ces concours, les développeurs devront élaborer des mash-ups conformes aux exigences de fonctionnement spécifiques de multiples scénarios d'usage. Depuis son lancement récent, trois
entreprises (éditeurs et intégrateurs de logiciel) ont adopté « Sandbox » et plus de 50 services et mash-ups brevetés ont été développés.
D’autres plateformes de même type ont été développées par Ebay (developers program), Vodafone (récemment avec Betavine7) ou encore Novartis dans le domaine de la recherche pour le Diabète (Diabetes Genetics Initiative).
Les pratiques autour des « Communautés de consommateurs experts»
Cette catégorie d’usages fonctionne sur le principe du conseil, de l’assistance clientèle et de l’expertise produits.
[right][img width=250]resources/crowd3.jpg[/img][/right]La [b]FNAC Eveil & Jeux[/b] a créé le Club des Parents Pilotes qui réunit des parents volontaires et bénévoles (mais aussi des grands-parents, des assistantes maternelles, des professeurs, du personnel de structures socio-éducatives) qui se mettent au service du groupe. Il a pour mission
d'aider les acheteurs dans leur sélection d’articles.
Les Parents Pilotes interviennent lors des tests des produits : des jeux leur sont envoyés en fonction de leur profil et ils disposent de deux semaines pour les essayer. Les parents étudient les réactions de leurs enfants et remplissent une « fiche d'observation » contenant des questions précises concernant l'intérêt, la solidité, la qualité perçue, l'âge, le prix idéal. Avec ce système d’approbation des Parents Pilotes, seul 1 jouet sur 3 est retenu.
Leroy Merlin fait appel à des passionnés de bricolage qui interviennent sur les différents forums de son site pour répondre aux questions des autres internautes.
Un autre critère de différenciation traverse les 3 catégories de pratiques citées : celui du mode opératoire de la relation entreprise/foule.
Les entreprises peuvent être en prise directe avec les fournisseurs de la foule (Betavine, Fnac Eveil et jeux…) ou passer par un tiers (Wilogo, Mturk…) qui fait le lien entre ses besoins et des compétences.
Ces intermédiaires touchent généralement une commission sur la base d’un pourcentage de la transaction.
[center][urlsite=#commentaires]Laisser un commentaire[/urlsite] - [urlsite=#haut]Remonter en haut[/urlsite][/center]
On peut distinguer trois grands types de pratiques du crowdsourcing par les entreprises aujourd’hui :
Les pratiques « recherche de compétences et exécution de tâches »
Ces pratiques fonctionnent sur le principe de la sous-traitance de tâches plus ou moins essentielles dans l’activité de l’entreprise :
- participation au coeur de métier (ex. recherche scientifique) ;
- prise en charge d’une mission spécifique (ex. création de logo, programmation d’un jeu en flash) ;
- exécution de micro-tâches (ex. rédaction des descriptifs de produits, identification des personnages sur une photo…).
Elles regroupent une communauté de personnes, membres ou de passage aux compétences appropriées aux tâches à accomplir.
À titre d’exemple,
wilogo.com, est un site qui met en concurrence des graphistes amateurs et professionnels pour la réalisation de logos. L'objectif est d’aider les entreprises à obtenir rapidement différents concepts de logos de qualité avec des déclinaisons Les entreprises déposent leurs demandes de logos sur www.wilogo.com et reçoivent dans les heures qui suivent les différents concepts de logos créés par les graphistes de la communauté. Accompagné par des commentaires et un système de vote se rapprochant de Digg, la communauté de Wilogo aide les entreprises dans le choix de leur nouvelle identité visuelle. Au terme de 48 à 72 heures chrono, l'entreprise choisit son logo parmi l'ensemble de ceux réalisés et en acquiert les droits patrimoniaux6.
D’autres usages du crowdsourcing existent dans des champs professionnels plus larges, à l’instar de ce que propose Innocentive.com, une plateforme de mise en relation entre chercheurs et entreprises sur des projets de R&D.
Enfin, à titre d’exemple de plateforme dédiée à des micro-tâches, le « Mechanical turk » d’Amazon. Originellement, Amazon souhaitait utiliser ses consommateurs pour répondre à des besoins propres. Elle l’a fait évoluer vers un service à part entière, MTurk.com, et lui a donné un statut de filiale capable de distribuer n’importe quelle activité intellectuelle dans le monde entier : toute personne peut confier une mission au nouveau « Turc », en définissant librement sa rétribution, et toute personne « disposant d’un ordinateur relié à Internet et âgée de plus de 18 ans » peut demander à la réaliser.
Les usages autour de «l’expérimentation et la co-création»
Ces pratiques fonctionnent sur le principe du laboratoire : Idées, outils, APIs, études, produits…, sont mis à disposition des fournisseurs qui sont chargés de travailler sur l’élaboration et/ou l’expérimentation d’un projet.
Cambrian House est un site communautaire qui se propose de développer des logiciels sur la base de projets proposés par les membres de la communauté à cette dernière. Une personne soumet une idée, la communauté l’évalue, lui attribue des notes. Les « meilleures » idées sont ensuite développées, par d’autres membres de la communauté (qui mettent à disposition leurs
compétences) pour être testées sur le marché. Trois produits ont déjà été lancés par Cambrian (qui s’approprie la propriété intellectuelle des idées développées), dont Gwabs, un jeu de combat de "bureau d'ordinateur" en P2P.
Microsoft Corp et BT ont annoncé lors du congrès mondial 3GSM 2007 le lancement de la série de concours « Connected Services Sandbox » dont l'objectif est de promouvoir le développement de solutions clients innovantes qui fusionnent les produits de télécommunication traditionnels, telles que la voix et la messagerie, avec les applications Web 2.0 comme le mapping ou la recherche. Au cours de ces concours, les développeurs devront élaborer des mash-ups conformes aux exigences de fonctionnement spécifiques de multiples scénarios d'usage. Depuis son lancement récent, trois
entreprises (éditeurs et intégrateurs de logiciel) ont adopté « Sandbox » et plus de 50 services et mash-ups brevetés ont été développés.
D’autres plateformes de même type ont été développées par Ebay (developers program), Vodafone (récemment avec Betavine7) ou encore Novartis dans le domaine de la recherche pour le Diabète (Diabetes Genetics Initiative).
Les pratiques autour des « Communautés de consommateurs experts»
Cette catégorie d’usages fonctionne sur le principe du conseil, de l’assistance clientèle et de l’expertise produits.
La
FNAC Eveil & Jeux a créé le Club des Parents Pilotes qui réunit des parents volontaires et bénévoles (mais aussi des grands-parents, des assistantes maternelles, des professeurs, du personnel de structures socio-éducatives) qui se mettent au service du groupe. Il a pour mission
d'aider les acheteurs dans leur sélection d’articles.
Les Parents Pilotes interviennent lors des tests des produits : des jeux leur sont envoyés en fonction de leur profil et ils disposent de deux semaines pour les essayer. Les parents étudient les réactions de leurs enfants et remplissent une « fiche d'observation » contenant des questions précises concernant l'intérêt, la solidité, la qualité perçue, l'âge, le prix idéal. Avec ce système d’approbation des Parents Pilotes, seul 1 jouet sur 3 est retenu.
Leroy Merlin fait appel à des passionnés de bricolage qui interviennent sur les différents forums de son site pour répondre aux questions des autres internautes.
Un autre critère de différenciation traverse les 3 catégories de pratiques citées : celui du mode opératoire de la relation entreprise/foule.
Les entreprises peuvent être en prise directe avec les fournisseurs de la foule (Betavine, Fnac Eveil et jeux…) ou passer par un tiers (Wilogo, Mturk…) qui fait le lien entre ses besoins et des compétences.
Ces intermédiaires touchent généralement une commission sur la base d’un pourcentage de la transaction.
Laisser un commentaire - Remonter en haut
Quel cadre contractuel pouvons nous mettre en place entre les internautes contributeurs/acteurs et les sociétés qui souhaitent travailler dans une démarche de crowdsourcing, pour gérer les aspects confidentiels et propriété intellectuelle qui sont très importants pour une société qui souhaite innover et se démarquer de ses concurrents ? Idem pour protéger la valeur créée par les internautes.
Doit on recourir à une intermédiation (un 3ième acteurs) entre société et internautes ?
Merci d'avance.
Bien cdlt.
Jérôme Poiraud.