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10 décembre 2008 par JeanVeronis

y a t-il un web après Google?

y a t-il un web après Google?
  

La société Google vient de fêter son dixième anniversaire. Son moteur de recherche semble faire pratiquement partie intégrante du Web, tellement sa place y est devenue prépondérante. Jean Véronis nous présente dans son article toute une décennie d'évolution, d'adaptation, mais aussi de pérennité et de stabilité de ce géant du Web ...

une position hégémonique 

Article de Jean Véronis, Professeur à l'Université d'Aix-Marseille I et consultant auprès de diverses entreprises de hautes technologies à travers le monde.

Article de Jean Véronis, Professeur à l'Université d'Aix-Marseille I et consultant auprès de diverses entreprises de hautes technologies à travers le monde.

Google, 10 ans déjà !

La société Google vient de fêter son dixième anniversaire. Son moteur de recherche semble faire pratiquement partie intégrante du Web, tellement sa place y est devenue prépondérante. Ses concurrents sont réduits à une portion congrue et de plus en plus d'internautes ont Google en page d'accueil de leur navigateur ou dans leur barre d'outils. Pour les anglophones, chercher sur internet se dit même désormais to google, "googler" : le mot est officiellement entré dans le très sérieux Oxford English Dictionary en 2006 ...

A l'occasion de cet anniversaire, des internautes ont retrouvé sur l'archive Internet Wayback Machine la page d'accueil initiale de Google. Un blogueur espagnol astucieux a même monté toutes les pages d'accueil du moteur depuis l'origine dans une vidéo qui a été l'une des plus téléchargées sur YouTube ces dernières semaines.



la première page de Google

La société Google vient de fêter son dixième anniversaire. Son moteur de recherche semble faire pratiquement partie intégrante du Web, tellement sa place y est devenue prépondérante. Ses concurrents sont réduits à une portion congrue et de plus en plus d'internautes ont Google en page d'accueil de leur navigateur ou dans leur barre d'outils. Pour les anglophones, chercher sur internet se dit même désormais to google, "googler" : le mot est officiellement entré dans le très sérieux Oxford English Dictionary en 2006 ...

A l'occasion de cet anniversaire, des internautes ont retrouvé sur l'archive Internet Wayback Machine la page d'accueil initiale de Google. Un blogueur espagnol astucieux a même monté toutes les pages d'accueil du moteur depuis l'origine dans une vidéo qui a été l'une des plus téléchargées sur YouTube ces dernières semaines.



la première page de Google

longévité et stabilité

Cette animation permet de mesurer l'incroyable stabilité (on pourrait presque dire conservatisme) du moteur de recherche le plus utilisé de la planète, stabilité ne se limite pas à la page d'accueil : elle apparaît aussi dans la présentation des résultats. Bon an mal an, la présentation depuis 1998 est à peu près la même, et le fonctionnement aussi.

L'incroyable stabilité de design et de fonctionnalité de Google ne laisse pas de surprendre. Dans le même temps, Internet a en effet subi les plus profondes des mutations. En 1998, le Web était totalement "1.0" (comme on ne disait pas encore) : pas de contenu dynamique, de flux RSS ou d'Ajax [1,2]; le langage PHP [3] était dans ses premiers balbutiements, tout comme les feuilles de style en cascade (CSS) [4] ou les systèmes de gestion de contenu (CMS) [5]. On pourrait multiplier les exemples à l'infini... Ces révolutions technologiques, que l'on regroupe généralement sous le nom un peu imprécis de "Web 2.0", ont été la source de profonds changements de contenu — et d'échelle — du Web. Ce sont elles qui ont permis au grand public de passer du statut de lecteur à celui de contributeur et rédacteur, faisant émerger les véritables phénomènes planétaires que sont les blogs ou Wikipedia, dont on peut dater l'explosion en France aux alentours des années 2004-2005 [6]  [7]

En 1998, Google affichait fièrement sur sa page d'accueil un index de 25 millions de pages. A la même époque le moteur voila.fr possédait un index de 12 millions de pages. En 2008, nul ne sait quelle est la taille de l'index de Google, la firme ayant cessé de donner cette information après une dernière bataille de chiffres épique avec Yahoo! en 2005 [8]. On peut sans doute estimer son ordre de grandeur autour de la centaine de milliards de documents, c'est-à-dire 4000 fois plus qu'il y a dix ans [9]. Ces chiffres n'ont d'ailleurs plus guère de sens. Grâce (ou à cause) des mécanismes de syndication (flux RSS), le Web est devenu une gigantesque galerie des glaces, dans laquelle les contenus sont dupliqués en de multiples lieux (archives, agrégateurs, etc.) parfois à des centaines ou des milliers d'exemplaires [10]. Dans le même temps, le spam, et particulièrement les splogs [11] (c'est-à-dire de faux blogs créés dans un seul but de référencement dans les moteurs de recherche), a crû de façon exponentielle.

Cette animation permet de mesurer l'incroyable stabilité (on pourrait presque dire conservatisme) du moteur de recherche le plus utilisé de la planète, stabilité ne se limite pas à la page d'accueil : elle apparaît aussi dans la présentation des résultats. Bon an mal an, la présentation depuis 1998 est à peu près la même, et le fonctionnement aussi.

L'incroyable stabilité de design et de fonctionnalité de Google ne laisse pas de surprendre. Dans le même temps, Internet a en effet subi les plus profondes des mutations. En 1998, le Web était totalement "1.0" (comme on ne disait pas encore) : pas de contenu dynamique, de flux RSS ou d'Ajax [1,2]; le langage PHP [3] était dans ses premiers balbutiements, tout comme les feuilles de style en cascade (CSS) [4] ou les systèmes de gestion de contenu (CMS) [5]. On pourrait multiplier les exemples à l'infini... Ces révolutions technologiques, que l'on regroupe généralement sous le nom un peu imprécis de "Web 2.0", ont été la source de profonds changements de contenu — et d'échelle — du Web. Ce sont elles qui ont permis au grand public de passer du statut de lecteur à celui de contributeur et rédacteur, faisant émerger les véritables phénomènes planétaires que sont les blogs ou Wikipedia, dont on peut dater l'explosion en France aux alentours des années 2004-2005 [6]  [7]

En 1998, Google affichait fièrement sur sa page d'accueil un index de 25 millions de pages. A la même époque le moteur voila.fr possédait un index de 12 millions de pages. En 2008, nul ne sait quelle est la taille de l'index de Google, la firme ayant cessé de donner cette information après une dernière bataille de chiffres épique avec Yahoo! en 2005 [8]. On peut sans doute estimer son ordre de grandeur autour de la centaine de milliards de documents, c'est-à-dire 4000 fois plus qu'il y a dix ans [9]. Ces chiffres n'ont d'ailleurs plus guère de sens. Grâce (ou à cause) des mécanismes de syndication (flux RSS), le Web est devenu une gigantesque galerie des glaces, dans laquelle les contenus sont dupliqués en de multiples lieux (archives, agrégateurs, etc.) parfois à des centaines ou des milliers d'exemplaires [10]. Dans le même temps, le spam, et particulièrement les splogs [11] (c'est-à-dire de faux blogs créés dans un seul but de référencement dans les moteurs de recherche), a crû de façon exponentielle.

une adaptation constante aux évolutions

Sur le plan technique, Google s'est adapté à ces métamorphoses de façon magistrale. Les temps de réponse sont toujours les meilleurs du marché, inférieurs à la seconde, et la pertinence des résultats reste toujours aussi satisfaisante pour les internautes. Face à ces prouesses technologiques, le relatif immobilisme que je constatais plus haut dans les fonctionnalités est donc encore plus surprenant. On pourrait en effet imaginer de nombreuses innovations tant au niveau de l'entrée par l'utilisateur que de la présentation des résultats, pour s'adapter à la multitude de contenus désormais présents sur le Web. Car, si la qualité ne s'est pas dégradée avec l'explosion du Web, elle reste largement perfectible. Le baromètre de pertinence que je mène régulièrement auprès d'utilisateurs [12] montre que la note de satisfaction obtenue par Google est de l'ordre de 3,5 sur une échelle de 0 à 5, avec plus de 20% de réponses non satisfaisantes. Il est vrai que la rapidité et la simplicité du moteur permettent justement des reformulations aisées, mais de nombreuses recherches demandent donc deux, trois ou quatre requêtes successives, ou conduisent à un abandon pur et simple par l'utilisateur. La marge de progression n'est pas négligeable.

Sur le plan technique, Google s'est adapté à ces métamorphoses de façon magistrale. Les temps de réponse sont toujours les meilleurs du marché, inférieurs à la seconde, et la pertinence des résultats reste toujours aussi satisfaisante pour les internautes. Face à ces prouesses technologiques, le relatif immobilisme que je constatais plus haut dans les fonctionnalités est donc encore plus surprenant. On pourrait en effet imaginer de nombreuses innovations tant au niveau de l'entrée par l'utilisateur que de la présentation des résultats, pour s'adapter à la multitude de contenus désormais présents sur le Web. Car, si la qualité ne s'est pas dégradée avec l'explosion du Web, elle reste largement perfectible. Le baromètre de pertinence que je mène régulièrement auprès d'utilisateurs [12] montre que la note de satisfaction obtenue par Google est de l'ordre de 3,5 sur une échelle de 0 à 5, avec plus de 20% de réponses non satisfaisantes. Il est vrai que la rapidité et la simplicité du moteur permettent justement des reformulations aisées, mais de nombreuses recherches demandent donc deux, trois ou quatre requêtes successives, ou conduisent à un abandon pur et simple par l'utilisateur. La marge de progression n'est pas négligeable.

un nouveau mécanisme : la recherche universelle

Google a probablement perçu le problème, puisqu'en 2007 la compagnie a lancé, à grand renfort de communication, un nouveau mécanisme de présentation des résultats appelé Recherche Universelle (Universal Search) [13]  [14] .
La recherche universelle est destinée à présenter dans la même liste de résultats un mélange de sources (texte, images, vidéo) et de services (actualités, blogs, cartes, recherche locale, livres, etc.). C'est probablement la modification du moteur la plus visible pour l'utilisateur depuis sa création. Un an plus tard, le bilan semble toutefois assez mitigé. L'impact du nouveau type d'organisation des résultats semble bien plus modeste que les maquettes présentées à la presse lors du lancement le laissaient envisager, et les pages de résultats restent finalement très proches de leur organisation antérieure. Le problème fondamental demeure, le moteur ne pouvant deviner l'intention qui se cache derrière une requête telle qu'"Angelina Jolie". L'utilisateur cherche-t-il des informations sur son dernier film, sur son actualité "people", sa biographie, des discussions de fans sur les blogs ? En fournissant une liste qui mélange le tout dans un ordre incertain, Google, comme la plupart des moteurs, fournit une sorte de réponse moyenne pas nécessairement optimale. D'autres types d'organisation seraient parfaitement possibles, comme la présentation des résultats sous forme de boîtes ou de colonnes séparées (son actu, ses vidéos, sa bio sur Wikipedia, les discussions à son sujet, etc.). Bien d'autres points pourraient être amélioriés pour le confort de l'utilisateur, sans que les défis technologiques soient insurmontables, comme par exemple le traitement des requêtes ambigües, telle qu'"Orange" : les algorithmes existent pour agréger les résultats portant sur le groupe de télécoms d'un côté et ceux sur la ville du Vaucluse de l'autre.

Google a probablement perçu le problème, puisqu'en 2007 la compagnie a lancé, à grand renfort de communication, un nouveau mécanisme de présentation des résultats appelé Recherche Universelle (Universal Search) [13]  [14] .
La recherche universelle est destinée à présenter dans la même liste de résultats un mélange de sources (texte, images, vidéo) et de services (actualités, blogs, cartes, recherche locale, livres, etc.). C'est probablement la modification du moteur la plus visible pour l'utilisateur depuis sa création. Un an plus tard, le bilan semble toutefois assez mitigé. L'impact du nouveau type d'organisation des résultats semble bien plus modeste que les maquettes présentées à la presse lors du lancement le laissaient envisager, et les pages de résultats restent finalement très proches de leur organisation antérieure. Le problème fondamental demeure, le moteur ne pouvant deviner l'intention qui se cache derrière une requête telle qu'"Angelina Jolie". L'utilisateur cherche-t-il des informations sur son dernier film, sur son actualité "people", sa biographie, des discussions de fans sur les blogs ? En fournissant une liste qui mélange le tout dans un ordre incertain, Google, comme la plupart des moteurs, fournit une sorte de réponse moyenne pas nécessairement optimale. D'autres types d'organisation seraient parfaitement possibles, comme la présentation des résultats sous forme de boîtes ou de colonnes séparées (son actu, ses vidéos, sa bio sur Wikipedia, les discussions à son sujet, etc.). Bien d'autres points pourraient être amélioriés pour le confort de l'utilisateur, sans que les défis technologiques soient insurmontables, comme par exemple le traitement des requêtes ambigües, telle qu'"Orange" : les algorithmes existent pour agréger les résultats portant sur le groupe de télécoms d'un côté et ceux sur la ville du Vaucluse de l'autre.

un quasi monopole

Pourquoi un tel déficit d'innovation dans le domaine de la recherche d'information, alors que le reste du Web fait preuve d'un véritable bouillonnement créatif depuis plus d'une décennie ? Les raisons en sont certainement multiples. Certains y voient l'effet du dogme selon lequel les utilisateurs n'aiment pas changer leurs habitudes et sont finalement rétifs aux changements. Si l'on se place dans une perspective historique, l'argument ne tient guère. Les utilisateurs sont au contraire avides de changements technologiques, comme le montre l'explosion des blogs, de Wikipedia ou des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) — même quand les interfaces ne sont pas de la plus grande simplicité (comme par exemple le langage de formatage de Wikipedia). N'oublions pas, d'ailleurs tout simplement qu'ils ont en quelques mois abandonné le système d'annuaire de Yahoo! pour un système radicalement différent sur le moteur Altavista (entre autres), le délaissant à nouveau pour un autre (Google) quelque temps plus tard. On peut aussi voir dans cette relative frilosité un effet de monopole (ou quasi monopole). Les positions dominantes n'incitent guère à l'audace : le reproche en a souvent été fait à d'autres firmes, comme Microsoft, par exemple, dont ni le navigateur Explorer, ni le système d'exploitation Windows ne semblent être au niveau qu'on pourrait attendre de produits utilisés par des centaines de millions d'utilisateurs à travers le monde.

Plus étonnant, les challengers de Google semblent également assez timorés. A quelques détails près, les autres moteurs de recherche semblent être de clones de Google à la fois dans le design et dans la présentation des résultats. Le moteur d'Orange n'échappe pas à la règle : après une page d'accueil au design contemporain très novateur, les pages de résultats sont somme toute très semblables au « look » austère et un peu daté que Google semble avoir imposé comme standard.

Cliquez sur l'écran ci dessous pour accéder directement au moteur


page d'accueil 'le moteur'





Cliquez sur l'écran ci dessous pour accéder directement
à la réponse de la requête Angelina Jolie sur le moteur d'Orange




réponse à la requête 'angelina jolie' sur le moteur d'Orange



Lire la suite : une situation immuable ?

Pourquoi un tel déficit d'innovation dans le domaine de la recherche d'information, alors que le reste du Web fait preuve d'un véritable bouillonnement créatif depuis plus d'une décennie ? Les raisons en sont certainement multiples. Certains y voient l'effet du dogme selon lequel les utilisateurs n'aiment pas changer leurs habitudes et sont finalement rétifs aux changements. Si l'on se place dans une perspective historique, l'argument ne tient guère. Les utilisateurs sont au contraire avides de changements technologiques, comme le montre l'explosion des blogs, de Wikipedia ou des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) — même quand les interfaces ne sont pas de la plus grande simplicité (comme par exemple le langage de formatage de Wikipedia). N'oublions pas, d'ailleurs tout simplement qu'ils ont en quelques mois abandonné le système d'annuaire de Yahoo! pour un système radicalement différent sur le moteur Altavista (entre autres), le délaissant à nouveau pour un autre (Google) quelque temps plus tard. On peut aussi voir dans cette relative frilosité un effet de monopole (ou quasi monopole). Les positions dominantes n'incitent guère à l'audace : le reproche en a souvent été fait à d'autres firmes, comme Microsoft, par exemple, dont ni le navigateur Explorer, ni le système d'exploitation Windows ne semblent être au niveau qu'on pourrait attendre de produits utilisés par des centaines de millions d'utilisateurs à travers le monde.

Plus étonnant, les challengers de Google semblent également assez timorés. A quelques détails près, les autres moteurs de recherche semblent être de clones de Google à la fois dans le design et dans la présentation des résultats. Le moteur d'Orange n'échappe pas à la règle : après une page d'accueil au design contemporain très novateur, les pages de résultats sont somme toute très semblables au « look » austère et un peu daté que Google semble avoir imposé comme standard.

Cliquez sur l'écran ci dessous pour accéder directement au moteur


page d'accueil 'le moteur'





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frenchflair, le 22.03.2009, 08:36
  
Belle présentation de la page tel un écrin, mais le noir n'est pas signe de pureté.
Aussi, le résultat de la recherche fait apparaitre un bandeau noir en haut et le reste en blanc, trop fort en changement de contraste.
Nous retrouvons la traditionnelle mise en page francetélécom/orange/wanadoo... ainsi que cette même utilisation des feuilles de styles.
Je suis pas fan.
1237707415frenchflair00
__htmlContent____date____authorName____rating____alerte____isWrittenByAnimator__
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